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La pêche au bord de mer

La découverte de la pêche se fait souvent en regardant les pêcheurs sur les quais ou dans les ports. Intrigué puis intéressé, on s'achète une canne et quelques vers de mer, et le virus est attrapé !

Pour la pêche sur les quais (attention à la réglementation portuaire), le matériel pour la pêche au coup en rivière est suffisant pour débuter. Il suffit de rincer à l'eau douce cannes et moulinets pour éviter la corrosion par le sel.

En pêchant au flotteur vous prendrez tous les petits poissons qui passent près du bord.

Pour prospecter une grande surface, la pêche à la bulle d'eau (Buldo) est simple et productive. Il suffit de placer un appât naturel (ver de mer, lançon) ou un leurre (cuiller, poisson-nageur, leurre souple) sur un bas de ligne relié au flotteur.

Quand je suis tomber par hazar sur cette article, je me suis dis que je n'aurais pas pu mieux décrire  ce qu'est la pêche  dans l ' île...

la source de cette article viens du site: http://www.ddy.fr/pages/recits_la_corse.php

Ce récit est un véritable hôme a la pêche ....

Un vrai poète pêcheur d' Ajaccio

Ecailles d'Or et d'Argent del'Île de Beauté

Dans les temps anciens, on vous aurait parlé de « KALLISTE », la « très belle » comme l'appelaient donc les Grecs de jadis. Aujourd'hui, c'est notre "Île de Beauté", qui surgit comme une vraie montagne dans la mer, au coeur du Golfe de Gênes: oui, vraiment la Corse semble enfantée par la mer la plus bleue, la Méditerranée d'où elle émerge puissamment par son relief sans cesse offert à la caresse du soleil. * En un fin mélange d'essences sauvages, où thym, cistes, myrtes, lentisques se mêlent à d'autres fortes senteurs du maquis, la montagne exhale ses parfums portés par la brise, vers la mer, comme pour enrichir la sérénité de l'aube ajaccienne, enivrant ainsi de bien-être ce patient « pêcheur de roche », lequel pratique sur ligne très fine et sensible pour éprouver fidèlement les moindres pitées subtiles d'un poisson si habilement chipoteur, et, parfois, le faire s'exclamer: « j'ai senti....hé ! ça pite bien aujourd'hui !... »

Ah quel beau denti de Capo di Muro !
Ici vers les Îles Sanguinaires ajacciennes et tout au long des côtes de Corse, les pêcheurs du bord ou en bateau trouvent de superbes poissons en des secteurs dont les paysages et l'environnement marin suscitent aussitôt l'enchantement. On ne saurait dresser, l'inventaire exhaustif des espèces rencontrées mais, déjà, dans les eaux ajacciennes, il est commun de capturer les suivantes dont les appellations vernaculaires en patois sont précises et bien méditerranéennes. Ainsi, TREGLIA DI SCOGLIU désigne le véritable Rouget de roche(Mullus surmuletus). RAGNOLA est le noble Bar franc(Dicentrarchus labrax) SAN PETRU rappelle bien Saint-Pierre ou Dorée(Zeus faber). MUSTELLA est la succulente Mostelle de roche(Phycis phycis). PELAGURU prouve que le Joel ou Athérine prêtre(Atherina boyeri) vit bien ici, dans les eaux cristallines de Mare Nostrum. PESCIU SCARMU c'est l'étrange Lézard(Synodus saurus) que certains redoutent alors qu'il n'est pas la vive aux dards venimeux. Dans la famille des sparidés, DENTICE apparaît comme le plus combatif, le plus rusé, c'est le Denti ou Denté(Dentex dentex) que chacun, ici, traque patiemment. D'autres carnassiers, PAGHIELLU ou Pageot(Pagellus erythrinus) ainsi que PARAGU, le Pagre(Pagrus pagrus) se distinguent de LAURATA la Daurade royale(Sparus aurata) assez éclectique en son alimentation. MERMURA est le Morme ou Marbré(Lithognatus mormyrus) dit encore rayé, commun sur les fonds de sable comme SARAGU, le Sar blanc de Rondelet(Diplodus sargus), TANUTA, le Canthère gris(Spondyliosoma cantharus)et MUZU Pinzutu ou Sar tambour. BUGA désigne la Bogue, SARPA, la Saupe, UTTIATA, l'Oblade.

MAZZARDU sert pour nommer une des six espèces de muges que l'on trouve ici, à savoir le Mulet cabot(Mugil cephalus). CIRIOLA rappelle bien l'appellation continentale de la Sériole ambrée(Seriola dumerili). LUCERNA pour le Mérou si mythique(Epinephelus guaza) etc. Mais, en cet été 2000 , ce sont surtout les poissons de la soupe qui ont tiré sur nos lignes car notre objectif était la palangrotte!

Cette technique facile rapporte aussi certaines espèces déjà citées comme petits pageots, sars et vives, ou suivant « l'étage », des sévereaux, saurels, SOLE Caninu(Trachurus trachurus) mais surtout, de petits poissons inféodés à la roche et aux herbiers. Entre autres, BULAGIO soit le Serran petite chèvre ou cabrilla(Serranus cabrilla). BARCHETTA est plus précisément le Serran écriture ou Perche de mer(Serranus scriba) ayant souvent, pour voisine, l'élégante RIIDINA, SIGNORA la Girelle(Coris julis), le CIABATONE ou Crénilabre tanche(Crenilabrus tinca) et d'autres labres comme la Grive, TORDULU(Labrus turdus), le Merle, MERULA(Labrus merula). Parfois, la surprise est créée par les captures répétées de belles Mendoles et de Picarels(Spicara smaris) ZERRULA qui s'émaillent de bleu profond. Comme avec la Vive ARAGNA(Trachinus draco) et PESCIU PRETI Curé, Uranoscope ou Boeuf(Uranoscopus scaber) gare aux piqûres de SCORPINA(Scorpaena porcus) la Rascasse brune si essentielle dans la bouillabaisse à l'instar de sa grande soeur CAPPONE, la Rascasse rouge ou Chapon(Scorpaena scrofa)!...
Petits poissons deviennent grands...avec Clic!

Déjà, avant de mouiller la ligne, il est donc utile de savoir que dans ce décor sous-marin aux habitats si variés, les espèces se distribuent assez différemment puisqu'elles se plaisent sur des sites d'élection bien précis. Ainsi, en étendant leurs prairies, les merveilleuses posidonies, qui sont des herbes, colonisent, avec les algues, des fonds limités à environ 30 m. Ce sont de vrais havres, où serrans, girelles, labres divers et rascasses sont fortement sédentarisés. Néanmoins, on retrouve ces mêmes espèces sur les platiers rocheux où elles se mêlent aux sars, mendoles, mostelles et petits chapons très attirés par la microfaune fixée. De ce fait, ces zones accidentées subissent les fréquentes incursions de carnassiers comme dentis, pagres, créant ainsi la surprise sur la ligne fine et parfois, la casse quand le poisson fonce à son abri et s'embusque dans une faille. Il arrive ainsi qu'un Corb(Sciaena umbra) GARDIA SECCA s'empare de l'appât: il fuira vers son trou et en sera indélogeable, laissant perplexe un pêcheur qui avait pourtant bien senti une vraie touche et, en définitive, risque penser plutôt à un accrochage-grattage dans la roche plate. Alors, savoir identifier la nature des fonds et les localiser peut aider parfois à imaginer les poissons que l'on va rencontrer avant les premiers froids, qui les entraîneront vers des fonds plus importants de 60 m. Là, souvent, les captures sont nettement plus belles, surtout s'agissant de pageots et grondins que l'on maintient fidèlement grâce à un amorçage mesuré à base de crustacés... mais ça, c'est une autre palangrotte, plus lourde. Dans le golfe d'Ajaccio, les bons coins ne manquent pas. Certains pêcheurs s'arrêtent déjà à la balise du port, pourtant, il nous semble que pour cette technique, l'endroit est trop remué en raison de l'intense circulation si naturelle qui s'y produit en permanence. C'est vraiment à partir de l'autre balise rouge de « la tortue » et surtout, du secteur du Scudo, que cailloux et platiers rocheux deviennent très intéressants. Incontestablement, la zone devient meilleure encore au grand platier du Tabernacle, vers les Iles Sanguinaires, et derrière celles-ci, côté large, pourvu que la mer soit calme. A l'opposé, jalonnée par Porticcio, Isolella, Isola Plana et la Castagna, la côte offre d'excellentes zones de mouillage dont les fonds paradisiaques recèlent de plus gros poissons valorisés par les eaux cristallines. Porte du golfe, Capo di Muro aux flots très blancs reste sublime mais nécessairement plus agité comme tout cap ou pointe rocheuse. Après ce tour du golfe d'Ajaccio, où l'on peut pratiquer tant de techniques, revenons à la pêche facile, très typiquement méditerranéenne et pratiquée grâce à un plomb vraiment original à savoir, la palangrotte méditerranéenne. La ligne de pêche est vraiment simple et si elle se termine dans l'eau, par un sacré plomb pyramidal, son élaboration théorique commence plutôt par ce lest essentiel dont le concepteur était déjà, à l'époque, un pêcheur malin doublé d'un designer. Certains exprimeront que n'importe quel plomb obéirait à la loi physique ½ de GT2 pour rejoindre promptement le fond et y sommeiller jusqu'au premier ferrage. Mais voilà, c'est que pour aider à ce fameux ferrage sur des touches aussi délicates que celles des petits poissons de la soupe, mieux vaut avoir un plomb qui n'a pas que de l'élégance mais aussi, une sorte de « fluidité » hydrodynamique pour remonter agilement vers la surface dès la moindre sollicitation. Certes, c'est un plomb léger que celui des petites pêches mais, néanmoins, il gagne à avoir ce profil traditionnel lequel a, d'ailleurs, si peu évolué tant il était déjà satisfaisant initialement. Ce que nous apprécions dans les plombs de palangrotte contemporains, c'est l'émerillon inclus dans la tête et qui limite les effets de vrillage des agiles chipoteurs de fond, d'autant que l'on monte parfois jusqu'à 3 empiles sur cette ligne fine. En effet, pratiquer en finesse est une autre qualité de cette pêche. Certains adoptent des corps de ligne assez résistants de 28 à 30/100 voire bien plus encore. Probablement songent-ils à de plus gros poissons que le minuscule appât pourrait tout de même tenter. Il reste que, à moins d'être sur un site prodigieux, cette éventualité est plutôt l'exception. En ce cas, il est d'ailleurs plus ennuyeux d'employer un diamètre si fort car en cas d'accrochage à la roche, tout se complique. Cela peut être fréquent en pratiquant la dérive, au-dessus de ce garde-manger du littoral immédiat si proche des grèves. Cette technique passionnante où l'on va à la rencontre d'une plus grande diversité de poissons mais aussi... de fonds avec des reliefs variables, petites fosses alternant avec« clochers » des dents de scie qui exigent donc plus de vigilance. Pourvu que le corps de ligne soit en 20/100, on peut déjà épuiser de beaux poissons même avec, en bas de ligne, un fil plus fin de 18/100. Deux ou trois empiles courtes s'étagent sur ce bas de ligne avec, parfois, l'option traînard plus long juste au-dessus du plomb en songeant aux espèces vraiment benthiques, genre rouget, trigle-grondin, rason qui s'ensable ou uranoscope etc. L'esche ne doit pas être importante. On ne préconise pas de laisser pendre exagérément le ver ou la lanière de seiche. Pour ces poissons des tronçons d'appât suffisent. Pôle d'attraction pour toutes sortes de poissons et bien abritée par la côte, la zone immédiate des 15 à 30 mètres est moins assujettie aux effets locaux: vents forts et courants littoraux y sont plutôt atténués. Les fonds sont très variés: fonds de sable ou vase, fonds d'algues ou d'herbes comme les posidonies et surtout fonds de roche avec socles, gros cailloux et éboulis. Les captures seront alors, elles aussi, très diverses. Avant tout, se concevant comme une pêche de tact, la palangrotte n'exige pas grand talent mais plutôt de bons réflexes car les poissons, que l'on recherche, vivent en multitudes bien rassemblées regroupant des espèces aussi insatiables que variées. En cela, cette technique tourne souvent à la pêche de vitesse imposée par le rythme soutenu de ce fretin superbe et si vorace se disputant un appât. Au-dessus d'un faible fond, la vitesse de descente importe peu et point besoin, redisons-le, d'un plomb très pesant. Commencer alors avec un plomb très léger, de 12 à 20 grammes, semble bien un choix convenable. Avec un lest trop lourd, la touche se perçoit moins bien et ainsi, on manque sûrement de nombreux poissons d'autant que, par temps calme, les courants n'influencent pas trop sa dérive. De façon très concurrentielle, les poissons attaquent les appâts, en happant fortement dès que le plomb se rapproche du fond. Au passage, les plus futés sucent l'esche mal assujettie, pour la tirer, et dégagent ainsi l'hameçon; aussi, n'est-il pas conseillé de laisser pendre l'appât. Il serait lacéré par les dents minuscules et déchiqueté peu à peu. Bien vains alors, les ferrages favoriseraient plutôt l'action de ces dénudeurs d'hameçon. Parfois, c'est même au cours de la descente de la ligne qu'ils s'emparent totalement du bout de calmar trop tendre. Pour cela nous apprécions de congeler nos appâts. Pour la palangrotte, la tradition évoque aussitôt soit la ligne à main tenue, bien tendue, entre pouce et index, soit l'utilisation d'une petite canne monobrin très sensible de 1 mètre. Il est probable que le rudimentaire cannillon des anciens, si nécessaire pour déceler la moindre pitée d'attaque des petites bouches pointues a dû inspirer des fabricants et les inciter à construire des cannes dites à buscle. Une telle canne doit être relativement longue: vraiment, pas plus de 2 mètres. Caractéristiquement, le scion, aussi fin que souple, est généreusement équipé de nombreux petits anneaux, tout justement pour mieux éprouver la moindre touche de cette pêche en finesse, comme le happement subtil d'un sar malin. Parfois, le dernier anneau mériterait d'être d'un diamètre légèrement plus grand. Déjà, en promenant un plomb très léger au ras du fond, cette canne à buscle « salue » un peu, comme pour accueillir le poisson qui fonce à la ligne! La ligne est bien tendue. Lors de la touche, le buscle affecte élégamment une courbure plus marquée. Grâce à ce scion si flexible, la forme régulière d'un cercle s'ébauche aisément. Une astucieuse coloration rouge ou jaune fluo de cette extrémité permet généralement, de mieux visualiser l'extraordinaire action de pointe très active, excitée répétitivement par les pitées subtiles ou nerveuses du poisson tentant de chiper l'appât ou bien de se libérer. Aussi bien tactilement que visuellement, le buscle constitue donc un indicateur de touche très efficace pour de belles senties qui ne laisse pas de répit au palangrottier ....ou de chances, au poisson. Nous employons toutes sortes d'appâts suivant la "fortune" du moment. Etonnant mais vrai, parfois, des escargots terrestres sont prélevés sur les hautes hampes du fenouil sauvage où ils s'agglutinent en grappes. Le petit gastéropode est extrait de sa coquille que l'on écrase, puis piqué dans la partie la plus dure de son corps. Talitre, pou de mer dit « baboué » ou cloporte de mer vivant dans les herbiers fanées(posidonies) est une gourmandise pour tous les sparidés. Fleurette et baluette de poisson(maquereau, chinchard, alose) sont des émincés de filets dont on ne prend que de minuscules lambeaux avec peau. Petits calmars, poulpes ou seiches sont débités en petits tronçons comme tous les gros vers marins, patelles, moules, crevettes. Les piades sont extraites de leur coquille(bernard l'ermite) ainsi que les bigorneaux plus durs. Du gras de jambon...corse!.. qui tient bien à l'hameçon est très apprécié. Si les appâts viennent à manquer, les viscères d'un serran ou autre poissonnet fraîchement pêché constituent aussi d'excellentes esches pour ces poissons peu difficiles en somme, et dont le régime alimentaire est sûrement plus complet encore. C'est pour une meilleure connaissance du milieu marin où il navigue et où il pratique mais aussi, et avant tout..... pour sa sécurité, que l'amateur possédant un bateau, si petit soit-il, doit avoir, à bord, la carte marine de cette zone. Tout y est révélé, dont les secteurs de pêche par la seule étude de la nature minérale des fonds . Cependant privilégions ici la sécurité avant la pêche, notre passion. La « lecture » attentive de ce remarquable document révèle ce qui nous intéresse dont les dangers en mer et aussi, la qualité des fonds.De même, règles de veille et de barre priment sur tout. Par ailleurs, tous les bons coins pour les pêches d'amateur se découvrent déjà, avant d'embarquer. Ainsi, au lieu des zones de sable et graviers, on découvrira reliefs encombrés, dalles et socs rocheux, typiques postes des carnassiers où s'embusquent les superbes dentis si communs en Corse. Là, on ne parle plus de palangrotte ni de ligne fine mais plutôt de traîne, ligne solide, appât vivant ou leurre pour capturer ce sparidé à la livrée magnifique, qui se montre très combatif comme sa cousine, la daurade royale, laquelle n'affiche pas frontalement la même dentition mais cache plus intérieurement ses larges molaires. Pour cela, cette Belle aux sourcils d'or est aussi nommée "gueule pavée" tandis que notre chasseur de pleine eau devient le denti "crocs de chien" à cause de ses fortes canines. Quel poisson mythique et combatif !
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